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Paul Moran
par B. Kennedy

Paul Moran est né à Philadelphie. Il a reçu sa formation à la Pennsylvania Academy of Fine Arts. Son travail a été exposé fréquemment en Europe et aux Etats-unis. Ses photographies sont exposées en ce moment, en exposition individuelle, au Musée Bartholdi de Colmar (jusqu’au 31 décembre). Il a également pris part à de nombreuses expositions de groupe, entre autres au UCLA Hammer Museum (Los Angeles), ainsi qu’à la Kunsthalle Düsseldorf (Germany), au Islip Art Museum (Long Island, New York). Il est représenté par la galerie Cora Hölzl à Düsseldorf, par la galerie van den Berge, aux Pays-Bas, et par la galerie Haïm Chanin à New-York.

Les peintures de Paul Moran sont exemptes de détails et fournissent peu de données de contexte. Et si elles découragent toute localisation plausible c’est qu’elles naissent d’un processus non d’inclusion mais d’exclusion de toute référence concrète. Toutefois, la palette, une douzaine de nuances de terre méticuleusement appliquées, et produites par l’artiste lui-même à partir de pigment pur, conduit implicitement à l’idée du paysage.

De larges étendues de couleur, d’une grande variété de densité, d’intensité et de transparence, et travaillées comme si elles étaient en suspension au-dessus de la toile, évoquent des espaces et des lieux qu’on ne peut pas identifier et dans lesquels s’exprime pourtant on ne sait quelle secrète et profonde proximité. Les formes, abstraites, engendrent des décors et des phénomènes naturels: des nuages qui se font et se défont, des ombres, des aubes, des soirs, des eaux sombres, des frondaisons, des herbes fraîches. Des lumières dilatées et des jeux d’horizontales installent des espaces qui rappellent les plaines nues et les ciels laiteux de l’Europe du nord.

Son travail est la forme sensible d’une pensée, qui prend corps à travers un sens aigu de la couleur et des matières, et aussi à travers l’intelligence d’un vaste héritage pictural, de Vermeer et Turner jusqu’à des œuvres contemporaines comme celle de Richter.”

B. Kennedy